Tout n’est pas rose, 1877
XXIII. Impromptu
La vierge assise sur ce banc,Par le feu pur de sa prunelle,Par le fleuve d’or qui ruisselle,Sur son col fin de cygne blanc,Par sa joue en fleur et vermeille,Par son doux front, par ses yeux verts,Par sa taille de frêle abeille,T’a mis la cervelle à l’envers !Ami, prends garde, elle est trop belle.L’eau limpide de ses beaux yeuxQue frange une noire dentelle,Comme un lac pur et radieuxQue le zéphir caresse et baise,A peut-être un fond de rocher ;Et son long pied de blonde anglaiseDit qu’elle marche, et fait marcher.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Tout n’est pas rose, Paris, CALMANN LÉVY, 1877· numérisation gallica.bnf.fr· Sources