Tout n’est pas rose, 1877
XIX. Sonnet
Loin d’un monde pervers aux décevants appas,Fatigués de la terre et de ses vains scandales,Moines, reposez-vous, à genoux sur ces dalles,Les bras tendus vers Christ, qui ne repousse pas !
Souffrez, priez, pleurez, mourez a chaque pas ;Que vos blancs corridors, mystérieux dédales,Résonnent seulement du bruit de vos sandales,Que votre vie en deuil soit un vivant trépas !
Agenouillés au bord de la nuit éternelle,Peut-être oublîrez-vous les terrestres affrontsQu’on lit à la pâleur morbide de vos fronts ;
Et qu’avant d’habiter la tombe solennelle,Dans le linceul du froc, à tout disant adieu,Vous trouverez enfin le suicide en Dieu !
Grande Chartreuse.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Tout n’est pas rose, Paris, CALMANN LÉVY, 1877· numérisation gallica.bnf.fr· Sources