Œuvres complètes, 1625‑1660· Les Pseaumes.
Le Xliie Pseaume
Judicame, Deus, etc.
Sois mon juge, Seigneur, comme tu l’as promis ;N’écoute point les vœux que font mes ennemisMais consulte plûtost tes bontez paternelles :Aprés tant de bienfaits qu’autrefois tu me fis,Te voudrois-tu servir, pour chastier ton fils,Du bras des infidelles ?
Que la foy me conduise en la sainte Sion,Où de nos cœurs épris l’ardante affectionAvecque leur encens éleve leurs prieres ;Confond l’idolatrie et l’incredulité,Et, pour me retirer de leur obscurité,Preste moy ta lumiere.
Lors, d’un esprit content et d’un cœur assuré,J’iray dans ta maison, et te remercirayDe ce comble d’honneur que ta grace m’octroye ;Et les justes accords de ma voix, et mon luth,Te publiront partout l’auteur de mon salut,En publiant ma joye.
Mais quoy ? veux-tu toujours, mon ame, sans besoinRedouter et prévoir les malheurs de si loin ?Dieu ne t’offre-t-il pas sa maison pour refuge ?N’y dois-tu pas un jour, aprés tant de combats,Benir le Roy des cieux, qui des rois d’icy-basEst le maistre et le juge ?
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources