Œuvres complètes, 1625‑1660· Sonnets
A M. de Pisieux,
Secretaire d’Estat.
Esprit plein de vigueur, de constance et de foy,Dont les sages advis nous furent salutairesAlors qu’en divers lieux l’enfance de mon royFomentoit les complots des amis temeraires ;
En dix lustres entiers que ce grand VilleroyA conduit nostre nef par tant de flots contraires,A-t-il rien fait de mieux qu’au choix qu’il fit de toyPour tenir après luy le timon des affaires ?
Certes, bien qu’Apollon m’ait predit mainte foisQue Louis soubmettroit la terre soubs ses loix,Sans devoir sa grandeur qu’à l’acier de sa lance,
Quand je voy tes conseils suivis d’un tel bonheur,Je suis en quelque doute, et crains que ta prudenceN’ait en tous ces exploits la moitié de l’honneur.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources