Œuvres complètes, 1625‑1660· Sonnets
Autre epitaphe
De feu Monsieur le Comte de Charny, qui mourut de maladie pendant le siege de Montauban.
Toy qui mets ton espoir aux honneurs de la terre,Voy comme leur éclat se passe en peu de temps,Qu’en vain l’homme propose, et que des plus contensLe plus solide appuy n’est que paille et que verre.
Charny, fils d’un guerrier, ou plutost d’un tonnerreDont Henry terraçoit l’audace des Tytans,A trouvé dans son lit, à l’âge de vingt âns,Le trépas qu’il cherchoit aux hazards de la guerre.
De te dire, passant, quelle estoit la vertuDont la nature avoit son esprit revestu,Ce n’est point sur cela que sa gloire se fonde.
Ce que je t’en dirois luy feroit de l’ennuy ;Juges-en par le soin qu’eut le Sauveur du mondeDe nous Poster si-tost pour l’appeller à luy.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources