La Cité des eaux, 1902· Le sang de Marsyas
Dédicace
1842-1898
Ceux-ci, las dès l'aurore‖ et que tenta la vie,S'arrêtent pour jamais‖ sous l'arbre qui leur tendSa fleur délicieuse‖ et son fruit éclatantEt cueillent leur destin‖ à la branche mûrie.
Ceux-là, dans l'onyx dur‖ et que la veine strie,Après s'être penchés‖ sur l'eau la reflétantDans la pierre vivante‖ et qui déjà l'attendGravent le profil vu‖ de leur propre effigie.
D'autres n'ont rien cueilli‖ et ricanent dans l'ombreEn arrachant la ronce‖ aux pentes du décombre,Et la haine est le fruit‖ de leur obscurité.
Mais vous, Maître, certain‖ que toute gloire est nue,Vous marchiez dans la vie‖ et dans la véritéVers l'invisible étoile‖ en vous-même apparue.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a vie / mûrie féminine, classiqueb tend / éclatant masculine, classiquea strie / effigie féminine, classiqueb reflétant / l'attend masculine, classiquea l'ombre / décombre féminine, classiqueb obscurité / vérité masculine, classiquea nue / apparue féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La cité des eaux, Paris, SOCIÉTÉ DU MERCURE DE FRANCE, 1902· numérisation Project Gutenberg· Sources