La Cité des eaux, 1902· Ode et poésies
L’image
Que pour d'autres l'amour‖ rende triste l'auroreDu regret frissonnant‖ d'avoir hier aimé !Pour nous, dans l'air palpite‖ et se répand encoreLa ténébreuse odeur‖ dont tu l'as parfumé.
N'as-tu pas vu, en nous,‖ se lever de l'étreinteUn dieu né de notre âme‖ et fait de notre chair,Et qui, debout au seuil‖ de la maison éteinte,En la jeune clarté‖ sourit au matin clair ?
Amour, prends aujourd'hui‖ nos formes dans la tienne,Prête-nous pour marcher‖ dans l'herbe tes pieds nusEt que, ce soir, tes pas‖ par les nôtres reviennentAu seuil mystérieux‖ où nous t'aurons connu ;
Et laisse-nous, durant‖ ce jour que tu nous donnes,Sentir en lui ton feu,‖ ta force et ta beautéEt mirer dans les eaux‖ qui reflètent l'automneL'image en un seul corps‖ de notre double été.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a l'aurore / encore féminine, classiqueb aimé / parfumé masculine, classiquea l'étreinte / éteinte féminine, classiqueb chair / clair masculine, classiquea tienne / reviennent féminine, non classiqueb nus / connu masculine, non classiquea donnes / l'automne féminine, non classiqueb beauté / été masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 1.9
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La cité des eaux, Paris, SOCIÉTÉ DU MERCURE DE FRANCE, 1902· numérisation Project Gutenberg· Sources