La Cité des eaux, 1902· Ode et poésies
Le fleuve
Emporte dans tes yeux‖ la couleur de ses eaux.Soit que son onde lasse‖ aux sables se répandeOu que son flot divers,‖ mine, contourne ou fendeLa pierre qui résiste‖ ou cède à ses travaux ;
Car, sonore aux rocs durs‖ et plaintif aux roseaux,Le fleuve, toujours un,‖ qu'il gémisse ou commande,Dirige par le val‖ et conduit par la landeLa bave des torrents‖ et les pleurs des ruisseaux.
Regarde-le. Il vient‖ à pleins bords, et sa courseMène jusqu'à la mer‖ la fontaine et la sourceEt le lac tout entier‖ qu'il a pris en ses bras.
Sois ce fleuve, Passant !‖ que ta pensée entraîneEn son cours où toi-même,‖ un jour, tu les boiras,Ta source intérieure‖ et tes eaux souterraines.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a eaux / travaux masculine, classiqueb répande / fende féminine, classiquea roseaux / ruisseaux masculine, classiqueb commande / lande féminine, classiquea course / source féminine, classiqueb bras / boiras masculine, classiquea entraîne / souterraines féminine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.0· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La cité des eaux, Paris, SOCIÉTÉ DU MERCURE DE FRANCE, 1902· numérisation Project Gutenberg· Sources