Les jeux rustiques et divins, 1897· La corbeille des heures
Odelette I
Un petit roseau m’a suffiPour faire frémir l’herbe hauteEt tout le préEt les doux saulesEt le ruisseau qui chante aussi ;Un petit roseau m’a suffiÀ faire chanter la forêt.
Ceux qui passent l’ont entenduAu fond du soir, en leurs pensées,Dans le silence et dans le vent,Clair ou perdu,Proche ou lointain…Ceux qui passent en leurs penséesEn écoutant, au fond d’eux-mêmes,L’entendront encore et l’entendentToujours qui chante.
Il m’a suffiDe ce petit roseau cueilli,À la fontaine où vint l’AmourMirer, un jour,Sa face graveEt qui pleurait,Pour faire pleurer ceux qui passentEt trembler l’herbe et frémir l’eau ;Et j’ai, du souffle d’un roseau,Fait chanter toute la forêt.
Versification
- Mètre
- Octosyllabes et tétrasyllabes (17 de 8, 9 de 4)· profil 4, 8
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
26 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jeux rustiques et divins, Mercure de France, Paris, 1897· numérisation poesies.net· Sources