Premiers poèmes, 1885‑1890· Épisodes 1888· Ariane
« Aux grèves de soleil où s’effacent les pas »
Aux grèves de soleil où s’effacent les pasComme la vanité de notre ombre éphémère,Se sont moulés les seins aigus de la ChimèreQui dormit sur le sable en quelque midi las.
La mer bourdonne sourde, à dire des abeillesIvres de l’or des algues rousses, et l’éclatDu ciel de pourpre où le sang d’un soir ruisselaÉvoque d’autres soirs aux vendanges de treilles.
L’ombre mystérieuse a redit aux échosLes tambourins rythmant les rites triomphauxDu Dieu qui porte un thyrse où se tordent des vignes
Et, dans le ciel d’été, pâle Ariane, luit,Parmi la foule des étoiles et des signes,Ta couronne apparue un astre dans la Nuit.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources