Premiers poèmes, 1885‑1890· Les lendemains 1885
Dédicace
J’ai rêvé que ces vers seraient comme ces fleursQue fait tourner la main des maîtres ciseleursAutour des vases d’or aux savantes ampleurs ;
Et maintenant, guéri de mes anciennes fièvres,Je voudrais, à mon tour, comme les bons orfèvres,Enguirlander la coupe où j’ai trempé mes lèvres ;
Où, voyageur lassé d’avoir longtemps erréJ’ai bu en sa fraîcheur le vin inespéré,Le vin réconfortant pour mon cœur altéré.
Oh ! je voudrais, ressuscitant les heures closes,Faire fleurir mes souvenirs, comme des roses,Sur cette tombe intime et chère où tu reposes.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources