Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
L’énigme
Ses yeux sont prometteurs de délices uniques,Et dans sa face exsangue et tentante souritL’implacable défi de lèvres ironiquesDont la courbe ensorcelle et le baiser meurtrit.
Comme la Femme nue au seuil des DiaboliquesSe haussant vers l’oreille écouteuse que tendLe Sphinx qui sur son dos aux ailes granitiquesAssied en habit noir, monocle à l’œil, Satan,
Elle ne s’en va pas murmurer aux ChimèresL’aveu qui mettrait fin à notre cécité,Et garde à tout jamais sur ses lèvres amèresLe secret contenu de sa perversité.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources