Premiers poèmes, 1885‑1890· Épisodes 1888· Le verger
« Le matinal espoir des jours que j’innovais »
Le matinal espoir des jours que j’innovaisFut la promesse de tes lèvres d’IngénueEt d’avoir pour mon front tressé la bienvenueDes guirlandes où rit la floraison des Mais.
L’Été m’a ramené vers l’ombre où tu dormais,Dormeuse de la sieste éblouissante et nue ;Ne m’as-tu pas guidé vers la mort inconnueToi qui parles aux soirs de l’Automne mauvais ?
Et toutes Trois n’étiez-vous pas l’amour unique,Mystérieuses Sœurs du Verger symboliqueOù veillaient votre attente et votre trinité ?
Et chacune de vous, tour à tour, eut mon âmeAvec sa lassitude et sa naïveté,Et j’ai chanté vers vous ce triple Épithalame.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources