Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
VII. « Les violons chantent derrière le décor »
Les violons chantent derrière le décorOù la vigne en treillis grimpe à quelque terrasse,Et la fille du roi regarde ce qui passe,Accoudée au balustre en son corsage d’or.
Les violons déjà chantent un pleur d’accord,La musique déjà plus lointaine s’effaceDans l’assourdissement de la forêt voraceEt vers l’occident clair un écho vibre encor !
Et deux amours se sont croisés. Le rêve et l’âmeDu baladin errant et de la pâle DameSe sont joints, et chacun de cette heure a gardé,
Elle la louange que le passant a dite,Et lui, sur sa perruque et sur son front fardé,Le signe rayonnant d’une Étoile insolite.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources