Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
Prologue
Ce chant me racontait mon rêve intérieur…Un brusque déliement de nattes bien nouées,Un éploiement joyeux d’ailes inavouées,Tel fut pour moi ce rythme, et vers l’azur rieur
C’était, là-bas, aux lointains bleus des avenuesParmi l’herbe fleurie et la forêt d’avrilMon âme même qui disait son puérilPoème par ce jeu de lèvres inconnues.
Je restai si longtemps muet, à bien ouïrCe doux son labial dit pour s’évanouir,Que je n’ai pu baiser tes lèvres, ô Joueuse,
Dont j’ai trouvé, vibrante de ton souffle encor,La flûte de roseau délicate et noueuseParmi l’herbe où volaient de grands papillons d’or.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources