Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
Tapisserie
A Paul Verlaine.
Un magique jardin aux merveilleuses flores,Avec des escaliers, des rampes, des bosquets ;Sur les arbres taillés un vol de perroquetsMêle un éclat vivant d’ailes multicolores ;
Et, tout au fond, dans les charmilles compliquéesQue l’Automne piqua de ses parcelles d’or,Se dresse, solitaire, un vieux Palais où dortUn lointain souvenir de fêtes évoquées ;
La dégradation douce d’un crépusculeEnveloppe le beau jardin et s’accumuleSur le luxe défunt des fastes accomplis ;
Dans les arbres les perroquets à vifs plumagesVolettent, comme si, troublant les longs oublis,Quelque Belle y traînait ses robes à ramages.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources