Œuvres complètes, 1613· Œvvres Posthvmes· Sonnets
I. « O Dieu, si mes pechez irritent ta fureur »
O Dieu, si mes pechez irritent ta fureur,Contrit, morne et dolent, i’espere en ta clemence,Si mon duëil ne suffit à purger mon offence,Que ta grace y supplée, et serve à mon erreur.
Mes esprits éperdus frissonnent de terreur,Et ne voyant salut que par la penitence,Mon cœur, comme mes yeux, s’ouvre à la repentance,Et me hay tellement, que ie m’en fais horreur.
Ie pleure le present, le passé ie regrette,Ie crains à l’avenir la faute que i’ay faite,Dans mes rebellions je lis ton jugement.
Seigneur, dont la bonté nos injures surpasse,Comme de Pere à fils vses-en doucement ;Si i’avois moins failly, moindre seroit ta grace.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, A. Lemerre, 1875· numérisation gutenberg.fr· Sources