Œuvres complètes, 1613· Premieres Œvvres de M. Regnier
Sonnet
Sur la mort de M. Rapin
Passant, cy gist RAPIN, la gloire de son âge,Superbe honneur de Pinde et de ses beaux secrets,Qui viuant surpassa les Latins et les Grecs,Soit en profond sçauoir, ou douceur de langage.
Eternisant son nom auecq’ maint haut ouurage,Au futur il laissa mile poignants regrets,De ne pouuoir attaindre, ou de loin, ou de pres,Au but où le porta l’estude et le courage.
On dit, et ie le croy, qu’Apollon fut ialoux,Le voyant comme vn dieu reueré parmy nous,Et qu’il mist de rancœur si tost fin à sa vie.
Considere, passant, quel il fut icy bas,Puisque sur sa Vertu les dieux eurent enuie,Et que tous les humains y pleurent son trespas.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, A. Lemerre, 1875· numérisation gutenberg.fr· Sources