Poésies, 1860· Les nuits persanes· La mosquée
Piété salutaire
UN bon Musulman, près du Gange,Cheminant par un jour d'été,Vit soudain sortir de la fangeUn crocodile bien denté.
Pour fuir, il détourne la tête.Un tigre noir, montrant la dent,A bondir est là qui s'apprête.Les deux monstres se font pendant.
Le Musulman, pâle, immobile,Ne sait ce qui doit mieux valoirDe la gueule du crocodileOu de celle du tigre noir.
A se prosterner lors il songe,Pour ne pas mourir mécréant.Et dérouté le tigre plongeDans le crocodile béant.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a Gange / fange féminine, classiqueb d'été / denté masculine, classiquea tête / s'apprête féminine, classiqueb dent / pendant masculine, classiquea immobile / crocodile féminine, classiqueb valoir / noir masculine, classiquea songe / plonge féminine, classiqueb mécréant / béant masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources