Poésies, 1860· Les nuits persanes· La mosquée
Respect de Soi-même
UN des docteurs qui font école,Hier, de très loin, vint iciSavoir dans quel but je m'isole,Et si du Coran j'ai souci.Sans rompre d'un regard frivoleLa fixité que j'ai pour loi,Je ne dis pour toute paroleA cet homme que : « Laisse-moi ! »
Quand Fatma, fille du prophète,Rose blanche de la pudeur,Auréole du ciel en fête,Dont un cœur pur fut la splendeur,Se sentit mourir, sa requêteFut qu'on la mît dans son cercueilSans avoir dévoilé sa têteQue d'un mortel souillerait l'œil.
La sainte qui s'est élancéeLà-haut, sans tache et sans remords,Cadavre, se fût offenséeQu'un profane entrevît son corps.Quelle impudeur plus insenséeSerait-ce, au gré d'un inconnu,De déshabiller ma penséeEt de mettre mon âme à nu !
Versification
- Forme
- 3 huitains (huitains)
- Rimes
- 3(ababcdcd)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 3 huitains
- Mots à la rime
- a école / m'isole féminine, classiqueb ici / souci masculine, classiquec frivole / parole féminine, classiqued loi / Laisse-moi masculine, classiquea prophète / fête féminine, classiqueb pudeur / splendeur masculine, classiquec requête / tête féminine, classiqued cercueil / l'œil masculine, classiquea élancée / offensée féminine, classiqueb remords / corps masculine, classiquec insensée / pensée féminine, classiqued inconnu / nu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources