Le chemin de l’oubli, 1904
Ennui
ENCORE un jour perdu qui décline et s’achève,Un jour d’attente vaine et d’oisive langueur,Un de ces mornes jours sans désir et sans rêveOù l’on vit lentement, seul, blotti dans son cœur.
Je n’aurai pas quitté la chambre inerte et sombreQue le soleil lointain n’éclaire qu’à demi.Et le jour a passé, le soir est proche… L’ombreMe retrouve immobile, encor tout endormi.
Je suis triste ; je n’ai rien fait de ma pensée ;Pourtant j’ai l’âme vide et le front douloureux.Je sens trop qu’en mon cœur ma tendresse est lasséeEt pourtant je n’ai rien que n’être pas heureux.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1909· numérisation archive.org· Sources