Le chemin de l’oubli, 1904
Matin
IL entre du ciel bleu par la fenêtre ouverte.Je travaille. Une odeur d’herbe mouillée et verteMonte des prés nouveaux que l’aube a refleuris.C’est le matin. Ta robe est claire. Tu souris,Quand je lève les yeux, d’un sourire en silence.Tu renverses la tête un peu. Ta main balanceTon ombrelle posée au bord de tes genoux.L’heure doucement passe en nous, autour de nous.Je suis heureux de quiétude et de bien-être.Ma pensée et mon cœur s’étonnent de renaître,Et je regarde en moi, comme en un champ de fleurs,Papillonner des mots de toutes les couleurs.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1909· numérisation archive.org· Sources