Le chemin de l’oubli, 1904
Nocturne
VIELLE que J’aime est, quelque part,Attentive au bonheur d’un autre…Dormons, mes rêves !… Il est tard…Quelle folie est donc la nôtre ?
Voici l’heure des soirs anciens,Des soirs tendres où, sans rien dire,Elle mêlait mes doigts aux siensEt souriait à mon sourire.
Quittant le livre refermé.Ses yeux brillaient d’un clair reprocheTout son corps, épris d’être aimé,Lentement se faisait plus proche.
Au loin, le silence était doux,Et douce en nos yeux la lumière ;Calme, notre désir en nousAttendait l’heure coutumière…
Auprès d’un autre, quelque part,Elle est la maîtresse et l’amie…Dormons, mes rêves !… Il est tard,..Peut-être, elle s’est endormie.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1909· numérisation archive.org· Sources