Le chemin de l’oubli, 1904
Reliques
Elle ne viendra plus,.. Son image attardée,Encore un peu de temps, survit à nos amours ;Mes yeux, qui l’ont tant regardée,Autour de moi la voient toujours.
Des fleurs qu’elle apporta sont à peine flétries ;A cette même place, elle-même posa.D’un geste de ses mains fleuries,Cette branche de mimosa.
Elle ne viendra plus… Tout me parle encor d’elleComme après le départ d’un hôte familier ;La chambre est pour longtemps fidèleEt sera lente à l’oublier.
Ses mains étaient partout ; la douce vigilanceDe ses yeux clairvoyants guidait partout ses doigts ;J’entends parfois dans le silenceLe clair murmure de sa voix.
Elle ne viendra plus… Je ne dois plus l’attendre ;Pour toujours, elle est loin de ma vie, — et pourtant.Sans rien croire et sans rien prétendre.En moi. quelque chose l’attend.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1909· numérisation archive.org· Sources