Le plaisir des jours, 1914
Dans la Rosée
CE matin, sitôt réveillé,Je suis allé sur la collineRespirer le parfum mouilléDes fleurs que la rosée incline.
Je suis parti seul… Tout dormait…J’ai laissé la maison bien close…Les grands arbres, à leur sommet,Berçaient le premier rayon rose.
Partout, au long des églantiers,Fuyait le rire aigu des merles ;Et sur la mousse des sentiersMes pas faisaient rouler des perles.
J’allais dans un enchantement,Fou de désirs, gai de tendresse,Le cœur léger comme un amantQui soudain pense à sa maîtresse…
Il est tard, je rentre des bois…La belle matinée est morte,Et le soleil, entre mes doigts,Fane les fleurs que je t’apporte.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources