Le plaisir des jours, 1914
La Rencontre
JE ne sais rien d’elle, sinonQu’en me penchant sur sa main nue,Pendant qu’on me disait son nom,Tout à coup, je l’ai reconnue.
Pourtant, c’est la première foisQue je regardais son visage…D’où vient que les mots, dans sa voix,M’évoquent un cher paysage ?
D’où vient ce charme singulierQue, du premier soir, tout en elleM’est, d’avance, un peu familier,Même le bleu de sa prunelle ?
Depuis que j’ai touché sa main,Mon cœur s’est mis à battre vite..Je sens qu’il faudra, dès demain,Que je l’aime… ou que je l’évite.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources