Le plaisir des jours, 1914
Soleil couchant
L’ODEUR d’un rosier blanc qui s’étire aux treillages.Embaume doucement, ce soir, notre maison,D’où nous apercevons, par-dessus les feuillages, ,La brume de Paris qui traîne à l’horizon.
Car la ville est là-bas, tout près, à quelques lieues ;Et, tandis qu’à nos pieds tout s’apaise et s’endort,Le soleil qui descend sur les collines bleuesD’un suprême rayon fait luire un dôme d’or.
Mais qu’importe la ville à notre quiétude ?Là-bas, visible à peine en son éloignement,Elle est juste assez près de notre solitudePour amuser nos yeux d’un étincellement.
Et le ressouvenir des minutes fiévreusesNous fait mieux savourer ce lent déclin de jourSous un ciel libre au loin, parmi des fleurs heureuses,Devant un paysage au lumineux contour.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources