Le plaisir des jours, 1914
Sourire du Matin
JE veux qu’elle soit gaie et claire,La chambre où tu t’éveilleras !Tu lui souriras de te plaire,La tête appuyée à ton bras.
Je veux que le jour y pénètrePlus lumineux et plus léger,Par les rideaux de ta fenêtreBlancs et roses comme un verger.
Tes yeux rentr’ouverts sur la vieS’empliront de fraîches couleurs ;Tu seras troublée et ravie,Comme une enfant parmi des fleurs :
Tu ne sauras pas tout de suiteSi, vers l’aube, endormie encor,Ton rêve ne t’a pas conduiteDans un brusque et changeant décor.
Mais vite, une à une, les chosesRevivront de t’appartenirEt, sous tes paupières décloses,Feront briller le souvenir.
Tu leur souriras de te plaire,La tête appuyée à ton bras…Je veux qu’elle soit gaie et claire,La chambre où tu t’éveilleras.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources