Le plaisir des jours, 1914
Toujours, jamais…
J’AI toujours aimé,N’importe à quel âge,Sur un clair villageLa douceur de mai.
Mais jamais encoreJe n’ai mieux comprisLes vieux murs fleuris .Qu’un beau jour décore.
J’ai toujours aiméLe parfum qui griseDu feuillage où briseLa brise de mai ;
Mais jamais encoreJe n’eus tant d’émoiA sentir en moiLe printemps éclore.
J’ai toujours aiméLa caresse erranteDans l’ombre odoranteD’un beau soir de mai.
Mais jamais encore,Avant ce mai-là,Mon cœur ne tremblaDu soir à l’aurore.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources