Fin d’œuvre, 1919· Interprétations de poésies d’Edgar Poë
Eldorado
Depuis longtemps un beau chevalier solitaire,La chanson sur la lèvre et gaiment accoutré,Errait, cherchant partout Eldorado sur terre.
Mais quand il reconnut qu’il n’avait rencontré,Nulle part, rien qui ressemblât à ce royaume,Il vieillit de terreur et fut désespéré.
Or un spectre passa, flottant comme un atome.Oh ! fit le cavalier, dis-moi donc où tu croisQu’est cet Eldorado, blanc pèlerin fantôme !
Marche, répondit l’ombre, et bannis tes effrois !Chevauche, encore, encore ! et galope sans trêveVers l’éternelle nuit, par-dessus les monts froids,De la lune ! – C’est là qu’est le pays du rêve !
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources