Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
La réponse
Quand du haut de la tour qu’on appelle JusticeJe regarde le monde ondoyant dans le mal,Mon corps beugle : « Veux-tu qu’aussi je m’engloutisse ? »Et mon âme dit non à ce lâche animal.
La femme se voilant d’une pudeur facticeHume l’obscénité comme un air aromal,Le fou prodigue l’or, l’avare le ratisse,Et chez l’enfant, la rage est un état normal.
Ainsi l’humanité m’apparaît criminelle,Et devant le cynisme allumant sa prunelle,J’interroge le ciel avec hébètement.
Alors Dieu qui ricane en regardant son œuvre,M’éblouissant d’horreur dit sardoniquement :« Le maçon qu’on adore a Satan pour manœuvre ! »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources