Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
Le gouffre
L’âme frissonne au bord des yeuxDevant le monstrueux mystèreDe ces quatre abîmes : la Terre,Les Airs, les Océans, les Cieux.
Sa contemplation du gouffrePour tout abreuvement fournitDu vertige aux soifs d’InfiniQu’elle amasse et dont elle souffre.
Mais, que l’on se replie en soi,Avec triomphe on s’aperçoitQue l’Homme, ce roi des infimes,
Contient multipliés, vécus,Tous les sphinx, tous les inconnus,Qu’il est l’abîme des abîmes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources