La nature, 1892
L’escargot
Les oiseaux dont le bec s’aplatit ou se busqueLe canard, le héron, la poule, la margotNe trouveront pas là ce prudent escargot :Nul danger qu’en sa grotte un ennemi s’embusque !
Désormais, soleil, froid, grand vent – rien ne l’offusque.En fait de mousse humide il a ce qu’il lui faut ;Tout hors de sa coquille, et corné roide et haut,Il s’étale et s’étend sans renfonçade brusque.
Semblant plutôt voguer que ramper le mollusqueLaisse un luisant sillage au long du roc noiraud :A cette heure il s’arrête ayant cheminé jusque
Au fond de la caverne – il est sur un terreauQu’ont formé récemment des fientes de blaireauDont la senteur compacte emplit l’air qu’elle musque.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources