La nature, 1892
La journée divine
Mon odieux corps a fait trêveEt devenant un pur espritDans le végétal qui fleuritJe circule comme la sève.
Mon extase monte, s’élève,Jusqu’en l’azur s’épanouit,Je suis un peu l’herbe qui luit,L’eau qui court, le rocher qui rêve.
Comme l’air, le zéphir, l’arome et la clarté,Ma pensée est éparse en cette immensitéDont elle voit, raisonne et vit l’architecture.
Le soir vient : Je reprends ma bête et mon chemin,Mais, je sais l’infini bonheur d’un être humainQui fut pour un instant l’âme de la nature.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources