La nature, 1892
Nuit de feuilles
On distingue mal sous les aunesCe coin de rivière stagnantDont l’écume, par plaques jaunes,A fait un marbre frissonnant.
Et peu à peu, les grands feuillagesChargés de brume et de secret,Semblent si hauts qu’on les diraitEnchevêtrés dans les nuages.
Seuls, les coteaux noirs – chevelusTranspercent l’ombre – il n’y a plusQue leur silhouette qui dure.
Et voici juste le tableau :Le ciel englouti comme l’eauPar des ténèbres de verdure.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources