Les apparitions, 1896
Cercueil de vierge
Atténuant pour l’œil sa masse oblongue et roideSous l’hermine du linge et la neige des fleurs,Gît la bière, où, devant les regrets et les pleurs,Blêmit celle qu’attend bientôt la terre froide.
Le feu pâle et la cire ivoirine des cierges,Le rythmique troupeau des porteuses en blancAjoutent un voilé poétique et dolentA ce coffre enfermant la plus douce des vierges.
Mais, au bord de la fosse, en hâte dévêtu,Dépouillé de son drap, il apparaît si nu…Que l’esprit révolté par ce brutal tableau
Évoque, au lieu du jaune atroce de la planche,Une humble boîte en jeune écorce de bouleau :Cercueil encore blanc de cette morte blanche.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources