Les apparitions, 1896
Effet de soleil couchant
En sciant le cou des deux vieillesJusque derrière les oreilles,L’assassin, par trop se pressant,S’est tout éclaboussé de sang.
Lors, descendant la chenevière,Il va laver à la rivièreSon front, sa figure, ses mains,Et prend l’un des quatre chemins.
Il se sent rassuré. Voici que vient la Nuit…Personne ne l’a vu ! Mais, qui donc le poursuit ?…Le sang de sa double victime !…
Et cet homme, éperdu, fuit en baissant les yeux,Tandis que devant lui, de plus en plus, les cieuxPrennent la couleur de son crime.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources