Les apparitions, 1896
L’attaque nocturne
Un orage lourd écrase la terre,Et de longs éclairs qu’un grondement suitVont illuminant le noir de la nuitDont s’approfondit l’horrible mystère.
Sur une grand’route, au coin solitaireD’un vieux pont qui dort sur de l’eau qui fuit,Quelqu’un apparaît et soudain sur lui
Un voleur bondit comme une panthère.– « La bourse ou la vie ? » a fait le brigand.Mais, vite il recule et frissonne, quand,Ses deux mains n’ayant trouvé que du vide,
Au feu des éclairs, dans un jour livide,Il entend ces mots ricanés tout fort :– « L’Homme ne peut pas détrousser la Mort ! »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources