Les apparitions, 1896
L’azur
L’azur est la couleur qui chante pour les yeuxLa pureté des airs et le bonheur des choses,Qui tranquillise tout, les âmes et les roses,Par la sérénité qu’elle verse des cieux.
De son amour c’est bien le plus pompeux des gagesQue donne la nature à sa création,Comme le reflet bleu de sa compassionSur l’espace écrasé par l’ennui des nuages.
L’azur rit au glacier dont la blancheur l’implore,Aux cimes des forêts, à l’onde qu’il colore,Comme il fait du ruisseau son petit miroir pur.
C’est tout le firmament, son âme, son essence,Puisque l’astre monarque a besoin de l’azurPour montrer l’infini de sa magnificence !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources