Les apparitions, 1896
La croix noire
A l’enterré la croix, avec dérision,Dit : « Ta croyance est folleDe me prendre aujourd’hui pour gage et pour symboleDe résurrection !
Je me dresse noire et vivanteSur les ruines de ton sort ;J’arbore et proclame ta mortDont l’éternité t’épouvante.
Je fais le vide plus béantA ta forme qui fut si brève ;Ma présence ici parachèveLe décrété de ton néant.
Je représente, lisse et froid,Un poignard monstre qui, tout droit,Semble, au milieu d’un noir mystère,
Vouloir te retuer sous terre,Dardant sournois, fixe et vainqueur.Sa pointe énorme vers ton cœur. »
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources