Les apparitions, 1896
Le faire-part
Très longtemps dans la vie et bien souvent très tardNotre impression est la mêmeToutes les fois qu’un faire-partBrusque nous dit la mort de quelqu’un que l’on aime.
C’est d’abord du regret qui tient l’âme oppressée.Ensuite, on songe avec effroi :« C’est lui !… ce pourrait être moi !… »A chaque nouveau deuil revient cette pensée.
Puis, votre frisson s’use à trembler le destin ;Calme, vous voyez fuir à leur terme certainLes jours du prochain et les vôtres ;
Enfin, vous devenez l’indifférent du sort,Le désintéressé de votre propre mort,A force d’enterrer les autres.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources