Les apparitions, 1896
La dame peinte
Je craignais près de mon chevet,Dans la solitude du chaume,Ce portrait aux yeux de fantômeEt dont le sourire vivait.
Enfin, pourtant, je l’oubliai.A la longue, j’usai ma crainteDe la vieille figure peinte…Mais, voici que je m’éveillai,
Une nuit, par un froid décembre ;Mon grand feu que j’avais couvertS’était donc rallumé ? L’EnferIlluminait toute ma chambre !
Et soudain, je sentis mon cœurS’arrêter, le portrait moqueurCoulant des regards de vampire
Bombait hors du cadre, et, vers moiPinçait plus amer et plus froidSon abominable sourire.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources