Les apparitions, 1896
La dévote
Famille, argent, plaisir, besoins de corps et d’âme,Elle a tout dédaigné pour posséder aux cieuxL’Éternité béate en un corps glorieux…Or, voici qu’elle est là, mise en bière, la Dame.
Personne dans la chambre ! un bouquet blanc se pâmeSur le couvercle, auprès d’un petit buis pieux ;Les cierges, tout autour, dardent, silencieux,Le tremblotement blême et pointu de leur flamme.
Soudainement, la boîte s’ouvre !La face de la morte en entier se découvreEt la déception, pleine d’horreur, s’y peint :
L’Invisible vient de lui dire« Néant ! » Elle revit le temps de se maudire,Et, tout seul, se reclôt le cercueil en sapin.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources