Les apparitions, 1896
Le malfaiteur
Un soir d’hiver, un homme vientEt loge à la sinistre aubergeQu’auprès d’un bois, sur une berge,Seule, âgée, une femme tient.
Mais, prudemment, du pas, de l’œil et de l’oreilleLa fine hôtelière surveille.Elle voit l’homme au lit, par le trou de la porte,Et l’entend dire : « Où diable est caché son trésor ?…Au fait, reposons-nous d’abord !…Nous le trouverons bien, quand elle sera morte. »
A peine a-t-il éteint que dix doigts tout à coupSe plantent crochus dans son cou…Et la vieille raille et lancineSon agonie obscure et qu’elle fait traîner,Ricanant : « Tu venais, toi pour m’assassiner ?…Eh bien ! c’est moi qui t’assassine ! »
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources