Les apparitions, 1896
Les carreaux
Vers le soir, de tel point des hauteurs habitées,Où, par nappes, s’étend la lumière à sa fin,Les carreaux des maisons flambent, jusqu’au ravinDardent vibreusement des flammes enchantées.
On dirait du fin fond d’une plaine déserte,En leur entour boisé tout fourmillant d’éclairs,De magiques miroirs, suspendus dans les airs,Se découpant, carrés, sur une vapeur verte.
Dans ce jour à la fois blêmissant et vermeil,Avivant la splendeur des chaumes et des tuiles,Ils ajoutent leur gloire aux adieux du soleil ;
Puis, luisant assombris, vagues, toujours plus loin…Par degrés, comme l’astre, avec la nuit qui point,Meurent ces diamants des horizons tranquilles.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources