Les apparitions, 1896
Les quatre fous
Quatre fous causent entre eux. – L’unFait d’un ton goguenard et triste :« On se figure que j’existe !On se trompe ! – Je suis défunt ! »
Un second : « Moi ! c’est le contraire !Je suis mort, pensez-vous, – Non pas.Je vis ! et jamais le trépasNe me fera votre confrère. »
Un autre : « Mon horreur est pire !Avec l’air palpable et mouvantJe ne suis ni mort ni vivant !Rien ! Le Néant est mon empire. »
Le dernier ricane : « Qui sait ?Pour moi qui suis x votre maîtreChacun de vous dit vrai peut-être… »Quel sage que cet insensé !
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources