Les apparitions, 1896
Pluie magique
Immense, et d’un pompeux magique si bizarre,Apparaissant partout planté de rosiers blancs,Le parc, abandonné des frais zéphyrs tremblants,Souffle son parfum mort dans le jour qui s’effare…
Soudain, l’orage éclate et la voix du tonnerreAu milieu du silence horrible de l’endroitRoule ! le tourbillon de l’ouragan s’accroît,Aussi fou que la pluie est extraordinaire.
Car, au torrent à pic de ses gouttes énormesSe mêle un flux d’infiniment petites formesQu’on voit bientôt ramper sous la nue au repos,
Et, la lune glissant sur les brumes décloses,Diamante et verdit ces âmes de crapaudsQui savourent la nuit dans la pâleur des roses.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources