Les bêtes, 1911
Chat et chien
Ensemble ils sont tellement bienQu’adorant tous deux la ratailleCe même goût leur est un lienAu lieu d’un sujet de bataille.
Tous deux ils ont l’instinct vaurien,L’humeur fourbe, la dent canaille,Ils sont voleurs, ça ne fait rien !Que tout à coup le chien s’en aille,
Le chat met son pas sur le sien ;Si le chat disparaît, le chienLe cherche, s’inquiète et braille.
Au-dedans, même va-et-vient,Côte à côte ils s’épucent, bâillent,Et l’un près de l’autre se tientSur la chaise qu’ils désempaillent.
Bref, égaux en tout jusqu’en taille,Le grand chat et le petit chienFont mentir le proverbe ancienEt leur bonne entente le raille.
19 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les bêtes, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1911· numérisation crcrosnier.fr· Sources