Les bêtes, 1911
La cave
La maison close a pris l’air grave :Maîtres et gens sont tous partis.A présent, vivent déblottisLes frais habitants de la cave.
Confits dans la paix des futailles,Des bouteilles et des tessons,Vers, crapauds, rats et limaçonsNe se livrent pas de batailles !
Noir comme un drap de funéraillesEst leur jour ordinaire, ils sontLes seuls bruits et les seuls frissonsDe ces souterraines murailles.
Et chaque hôte du creux domaine,En sécurité se promène,A bon vivre, extase et sommeil.
Tandis que la grosse araignéePour eux, dans la nuit, renfrognée,Tisse un fantôme de soleil.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les bêtes, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1911· numérisation crcrosnier.fr· Sources