Les bêtes, 1911
La chenille
Là, dans la terre, comme un mort,Y dormant de la même sorte,Entre le ver et le cloporte,La chenille attend son essor.
Cette humble et misérable choseCouve, pour la gloire des airs,Des buissons, des chemins déserts,Sa magique métamorphose.
Elle deviendra fleur instable,Le vivant écrin délectableDu caillou, du roc, du sillon.
Elle sera, mutine et folle,Cette petite âme qui vole,Grâce et silence : un papillon !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les bêtes, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1911· numérisation crcrosnier.fr· Sources